mardi 22 juin 2010

Gazouiller deviendra voter?

Avant tout, voter, c'est quoi ça?

Selon le grand dictionnaire québécois de la langue française, voter c'est : « Exprimer son opinion, signifier son accord ou son désaccord par son vote, son suffrage. »

Donc, de poser un X dans une case, c'est voter. Parce qu'il y a expression et parce qu'il y a suffrage.
Problème de taille : on ne fait pas ça souvent, n'est-ce pas? Et en plus, les options sont parfois limitées...

C'est innovant quand Laure W. s'exclame qu'acheter, c'est voter. C'est vrai qu'il y a manque de suffrage : toutefois, il y a signification de son accord par une transaction d'achat - à moins qu'on ne soit piégé dans un monopole car là, il n'y a pas de choix. Donc lorsqu'on achète, on fait une transaction qui exprime un choix, et c'est pour ça qu'on peut établir un rapprochement avec le vote.
Limite : pas d'argent, pas de vote... Aussi, quelqu'un qui décide de réduire sa consommation par souci de simplicité vote moins souvent, ce qui pourrait pénaliser le gros bon sens.

Maintenant voici comment deviendra probablement possible, en 2010, de voter plus souvent et... gratuitement.

Comment? En gazouillant! Oui oui, en twittant!

Hein?! C'est quoi le rapport entre voter et Twitter?

Premièrement, le lien fort, c'est l'expression. Voter, c'est s'exprimer dans un suffrage; twitter, c'est s'exprimer ouvertement!
Limite actuelle : écoute non systématisée... et communication parfois inintelligible.

Maintenant, si on se dote d'une oreille, ou plutôt d'un stéthoscope citoyen, pour écouter cette façon de s'exprimer et pour agir en fonction de ce qui nous motive ou nous indigne collectivement, on pourrait vivre toute une révolution! Ce nouvel outil pourrait alors, en rassemblant les thématiques (grâce à l'intelligence collective et aux technologies d'analyse sémantique), jouer un rôle de collecte d'information et éventuellement d'aide à la décision dans un grand nombre d'enjeux collectifs. On fournirait alors une représentation des enjeux et solutions discutés par les citoyens, et ce pourrait s'avérer un outil de travail pour nos représentants politiques et administrations publiques, pour les organisations citoyennes, en fonction des enjeux et les solutions qui les concernent. Et pourquoi pas pour les médias?

Comment ça pourrait marcher, cette affaire d'oreille ou de stéthoscope collectif? Comment?

Avant d'expliquer le comment, pensons qu'en ce moment, les conservateurs d'Harper sont à utiliser ces mêmes technologies pour écouter les discussions publiques et corriger les mauvaises perceptions. Aie aie aie! Ça sent la désinformation ça, non?

En réponse, et même en prévention à ces nouveaux usages des technologies, nous nous activons dans le projet de chambre basse. Ce projet vise outiller les citoyens du potentiel technologique, en créant ce processus d'écoute citoyenne élargi et ouvert, afin de nous permettre une plus grande cohérence dans notre projet de société.


En ce moment, les défis technologiques sont de taille. Nous allons donc procéder graduellement, en commençant par un premier prototype qui devrait nous éclairer sur les prochaines pistes à suivre.

Le comment
S'exprimer par le gazouillis, donc en twittant, laisse une trace digitale publique qui peut être analysée par un logiciel, dans des termes de sens et d'émotion. On vise donc, par le premier prototype, à déterminer quels messages traitent des même enjeux citoyens, ainsi que les solutions les plus partagées par les utilisateurs du média.


Ainsi, chambre basse se veut un projet d'application des technologies d'intelligence artificielles «open source», visant à proposer un processus de participation citoyenne aux affaires publiques. Cet outil d'analyse démocratique pourra bien sûr évoluer, et inclure d'autres médias largement utilisés autres que Twitter. On commence simplement par un prototype qui sera appelé à évoluer.

En conclusion, la notion de chambre basse propose à la fois une séparation des pouvoirs et surtout une appropriation citoyenne du pouvoir par l'expression de ses enjeux et propositions de solutions. La chambre basse que l'on imagine, devient possible grâce à l'appropriation citoyenne du potentiel des technologies d'aujourd'hui, et ce en réponse préventive au potentiel d'appropriation par d'autres acteurs de la scène politique et économique.


Cette opérationnalisation de la démocratie participative est désormais plus près que jamais, plus que l'on croit, et nous comptons la réaliser avec un souci d'inclusion, d'accessibilité et de transparence. D'ailleurs, si vous vous sentez interpellé et volontaire, nous souhaitons votre participation!


Pour en savoir plus
wiki de la chambre basse (fondements, actions, théorie) : http://chambrebasse.wikispaces.com/Accueil

Merci à Julie, Annie et Marc-André pour leur contribution.

1 commentaire:

  1. Les plateformes comme Twitter, les autres réseaux sociaux et les blogues sont un excellent moyen d'exercer sa liberté d'expression. Alors que des empires comme Québécor et Gesca investissent des millions dans des entreprises de presse qui sont souvent des machines de propagande (l'ex-directeur des communications de Stephen Harper, Kory Teneycke, a été nommé vice-président au développement chez Quebecor Media), les citoyens doivent voter en s'appropriant les nouveaux médias.

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